Le comte de Monte-Cristo entra dans le salon voisin que Baptistin avaitdésigné sous le nom de salon bleu, et où venait de le précéder un jeunehomme de tournure dégagée, assez élégamment vêtu, et qu’un cabriolet deplace avait, une demi-heure auparavant, jeté à la porte de l’hôtel.Baptistin n’avait pas eu de peine à le reconnaître; c’était bien cegrand jeune homme aux cheveux blonds, à la barbe rousse, aux yeux noirs,dont le teint vermeil et la peau éblouissante de blancheur lui avaientété signalés par son maître.
Quand le comte entra dans le salon, le jeune homme était négligemmentétendu sur un sofa, fouettant avec distraction sa botte d’un petit joncà pomme d’or.
En apercevant Monte-Cristo, il se leva vivement.
«Monsieur est le comte de Monte-Cristo? dit-il.
—Oui, monsieur, répondit celui-ci, et j’ai l’